L’Exemplaire de Bordeaux

Veuillez trouver ci-dessous les 2 œuvres phares de la sixième partie  de l’exposition consacrée à l’Exemplaire de Bordeaux.

 

(27)  Essais de Michel seigneur de Montaigne. Paris : chez Abel L’Angelier. 1588. Exemplaire corrigé et annoté de la main de Montaigne. Presse de Simon Millanges. 16e siècle.

C’est un livre à superlatifs, un exemplaire unique, un chef-d’oeuvre de la pensée et de la littérature française, un trésor national. Cet exemplaire des Essais a été redécouvert au couvent des Feuillants à Bordeaux au 18e siècle, d’où son nom : Exemplaire de Bordeaux. D’abord exemplaire de correction destiné à l’imprimeur, il devient vite pour Montaigne un exemplaire de travail et de réécriture. Dans les marges, des corrections et des annotations se superposent au texte déjà imprimé : ce sont des « allongeails ». Entre 1580 et 1588, quatre éditions ont déjà été diffusées. Les deux premières, éditées à Bordeaux chez Simon Millanges en 1580 et 1582, sont publiées en deux livres. On garde peu de sources de ce grand imprimeur bordelais de la fin du 16e siècle, mais la Bibliothèque de Bordeaux conserve l’une de ses presses à relier, que vous pouvez voir dans la vitrine. L’Exemplaire de Bordeaux est un exemplaire de l’édition de 1588, publiée en 3 livres. Cette œuvre n’est donc pas linéaire et achevée, c’est une promenade où Montaigne va “à sauts et à gambades”. Vous pouvez vous faire une idée de cette écriture toute en digressions et fantaisie, en regardant les citations à l’intérieur du fichier de bibliothèque à votre droite. Il matérialise une partie de la table des matières des Essais. Un tiroir correspond à un chapitre, mais les citations ne correspondent pas forcément au thème a priori abordé ! Le projet de Montaigne, de se peindre lui-même, a atteint dans cette édition une forme de maturité, puisqu’il multiplie les références à sa vie personnelle. Le feuillet choisi est peut-être le plus célèbre de cet exemplaire. Regardez sur le feuillet de gauche, dans la marge à droite : on lit, tracé à la plume, la célèbre phrase définissant son amitié pour La Boétie, “parce que c’était lui, parce que c’était moi”. Et parce que c’est vous, vous pouvez le feuilleter en version intégrale sur la table numérique à votre gauche, grâce à la numérisation réalisée en partenariat avec la Bibliothèque nationale de France !

 

 

(28) Eustache-Hyacinthe Langlois et Louis-Pierre Henriquel-Dupont. Portrait en pied de Montaigne. 19e siècle. Eau forte sur acier

Voici un des rares portraits montrant Montaigne de la tête aux pieds ! Il est issu de la seconde édition du Plutarque françois, vies des homes illustres de la France… paru en 1835. L’auteur des Essais est représenté chez lui, dans sa librairie, légèrement vouté. Il appuie sa main gauche sur une table où reposent des livres et un encrier. Il porte son chapeau, un pourpoint ainsi qu’un manteau orné de fourrure. A droite, la présence de la fenêtre à croisée accroît le réalisme de la mise en scène, d’autant plus que son vitrage à ossature de plomb évoque l’architecture de la Renaissance.